Stand Up With Standing Rock

Depuis toute petite je suis passionnée par les cultures amérindiennes, et cet intérêt n’a fait que grandir et s’affirmer avec le temps. Des jeux d’enfants, je suis passée à une lecture intensive de tout ce que je pouvais trouver sur le sujet, lectures historiques et culturelles d’abord, avant de découvrir plus tard leur situation contemporaine. Une passion qui s’est transformée en engagement, très modestement, auprès du CSIA.

Le CSIA, comme je vous invite à aller le découvrir plus amplement sur le site ou sur la page facebook, est une association de défense et de reconnaissance des peuples autochtones des Amériques. Engagée donc auprès de Standing Rock dont je viens vous parler aujourd’hui, et que je vais essayer de vous résumer le plus simplement possible, avant de vous inviter à suivre différents liens si vous souhaitez approfondir et pourquoi pas aider.

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Standing Rock est une réserve amérindienne sur laquelle il a été décidé de faire passer le Dakota Access Pipeline, dans le but d’acheminer plus d’un demi million de barils de pétrole par jour. Une partie importante du tracé passe sous le fleuve Missouri et l’étanchéité de ses pipelines ne pouvant jamais être garantie, c’est plus de 18 millions de personnes qui pourraient se retrouver en danger en cas de problème. La communauté de Standing Rock, les agriculteurs de la région, rejoint ensuite par des soutiens venus des quatre coins des Etats Unis et même de l’étranger, ont donc commencé à s’opposer pacifiquement à son passage, il y a déjà plus d’un an maintenant. Il s’est passé beaucoup de choses depuis que je ne peux vous résumer entièrement ici. Mais si aujourd’hui le camp a été démantelé, le combat continue toujours, principalement en essayant de faire pression auprès des banques, notamment françaises, qui financent ce projet, mais pas que. Aujourd’hui ce n’est plus qu’à Standing Rock que cela se joue, d’autres mouvements de protestation émergent à mesure que le nouveau gouvernement Américain annonce de nouveaux projets du même genre. A ce jour déjà 59 sont annoncés. Une délégation amérindienne est donc venue jusqu’en Europe (rappelons qu’en France l’exploitation du gaz de schiste est pour l’instant interdite) pour essayer de se faire entendre auprès des banques mais aussi et surtout auprès de nous, citoyens. Ils ont besoin de nous tous pour se faire entendre, chaque voix compte.

Si nous souhaitons aujourd’hui, avant tout, aider les amérindiens à faire valoir leurs droits, notons pour autant qu’il ne s’agit pas juste d’une problématique autochtone, nous sommes tous concernés par ce problème. Nous partageons tous une seule et unique terre.

Si vous souhaitez les soutenir, vous pouvez tout simplement en parler autour de vous. Vous pouvez faire des dons ou adhérer au CSIA, faire des dons sur la page de Standing Rock, contacter les banques ou vos élus pour faire remonter leurs voix.

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Vous trouverez de plus amples informations sur le site et la page Facebook du CSIA, ainsi que sur le site et la page Facebook de Standing Rock.

Journée internationale de la terre nourricière

Le principe de « la journée de » est un truc qui m’exaspère généralement plus qu’autre chose. Cette satanée « journée de la femme », où l’on vient nous rabâcher toute la journée qu’il y a encore taaaaaant d’inégalités entre les hommes et les femmes, tout ça pour faire quoi au final… Ah bah rien, dites donc ! On le constate une fois par an, c’est déjà pas mal, faudrait pas trop en demander non plus ! Bref les journées de, ne font que me rappeler que les 364 autres jours de l’année on s’en carre plutôt le coquillard !

D’ailleurs le nom complet de cette journée est « Journée internationale de la terre nourricière », noterez l’ironie de la place accordée à la terre mère, et aux femmes qui la peuplent : Une journée chacune, youhou ! M’enfin puisque cette journée existe, autant essayer d’en faire quelque chose.

Cette année le thème de la journée c’est « L’environnement et l’éducation aux changements climatiques : L’éducation est un élément essentiel du progrès. Nous devons construire une citoyenneté mondiale qui maîtrise les questions liées aux changements climatiques et qui est consciente des risques sans précédent pour notre planète si nous ne prenons pas des mesures urgentes pour lutter contre les effets des changements climatiques. Nous devons faire en sorte que chacun et chacune puisse porter l’action climat, défendre et protéger l’environnement. » ( texte des nations unies)

Et bien sûr je ne peux qu’être d’accord avec ça. Alors même si je n’aurai jamais la prétention d’essayer d’éduquer qui ce soit (d’ailleurs je déteste ce mot) avec ce blog et plus particulièrement ce défi green blog, c’est bien ce but qui m’anime : Essayer de partager avec tous ceux qui le souhaitent, des idées pour essayer d’insuffler un vent nouveau sur cette planète qui a besoin de nous, et dont nous avons tout autant besoin. Et même plus, car nul doute qu’elle saurait très bien se débrouiller sans nous, alors que nous… non.

Donc en l’honneur de notre Mère Terre et de la journée qu’on a bien voulu lui accorder, j’apporte ma petite pierre à l’édifice en vous sélectionnant une petite liste non exhaustive de documentaires inspirants.

Solutions locales pour un désastre global de Coline Serreau

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Disponible sur internet et en DVD 

Demain le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent

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Disponible en DVD et en livre 

En quête de sens de Marc De La Ménardière et Nathanaël Coste

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Disponible sur internet et en DVD

Avant le déluge de Fisher Stevens avec Léonardo DiCaprio

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Disponible sur internet et en DVD

Pierre Rabhi – Au nom de la terre de Marie-Dominique Dhelsing

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Disponible en DVD 

L’éveil de la permaculture d’Adrien Bellay

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Actuellement au cinéma 

Et pour ceux à qui ça aurait donné des envies de réalisation, allez faire un tour du côté de Kamea Meah. En vous souhaitant de bons films et n’hésitez pas à partager d’autres références inspirantes en commentaire, si vous en avez.

 

Soeurs volées – Emmanuelle Walter

Le Canada est un pays qui fait rêver. Ses paysages somptueux, sa faune incroyable, sa diversité culturelle, ses villes classées parmi les plus agréables à vivre. Et pourtant c’est bien dans ce pays, à notre époque, que se déroule un féminicide autochtone qu’Emmanuelle Walter est venue mettre en lumière, en nous faisant découvrir l’histoire de deux jeunes amies, Maisy Odjick et Shannon Alexander, disparues en 2008.

A travers la tragique disparition de ces deux jeunes filles, Emmanuelle Walter nous transporte dans son enquête édifiante sur les milliers de femmes autochtones disparues dans une indifférence quasi totale, en quelques décennies. Un livre poignant, revoltant, bouleversant, tant le sort dramatique des femmes autochtones, le déclin qu’elles ont subi à travers l’histoire, l’indifférence qu’elle suscitent, ne devrait laisser indifférent.

« Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel et scandaleux équivaut à 55 000 femmes françaises ou 7 000 Québécoises. Dans ce récit bouleversant écrit au terme d’une longue enquête, Emmanuelle Walter donne chair aux statistiques et raconte l’histoire de deux adolescentes, Maisy Odjick et Shannon Alexander. Originaires de l’ouest du Québec, elles sont portées disparues depuis septembre 2008. De témoignages en portraits, de coupures de presse en documents officiels, la journaliste découvre effarée ces vies fauchées. Sœurs volées apporte la preuve que le Canada est bel et bien le théâtre d’un féminicide. »

 

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En nous permettant de découvrir qui étaient Maisy et Shannon, leurs histoires, en donnant la parole à leurs proches dévastés, Emmanuelle Walter rappelle que derrière chaque disparue se cache une histoire et des proches qui la pleurent. Elles étaient femmes, mères, soeurs, filles, amies, voisines… Elles ont été violées, enlevées, torturées, battues, disparues, retrouvées mortes… Elles sont si nombreuses… Un chiffre effroyable à l’image d’une route à laquelle on a même donné le funeste nom de « l’autoroute des larmes ». La situation est connue et pourtant l’indifférence demeure.

« Ainsi elles disparaissent ; ainsi elles meurent. Les filles et femmes autochtones sont des funambules qui avancent sans filet. La violence familiale, la violence dans les communautés, la violence de la rue, la violence sexuelle, la violence raciste, toutes les violences sont susceptibles de s’abattre sur elles et de les faire tomber. »

Face à l’horreur, après l’indignation, perdure alors l’interrogation. Comment un tel féminicide peut-il non seulement exister dans un pays démocratique, mais en plus laisser indifférent. Parce que le sort de tous les peuples autochtones de par le monde et l’histoire, a toujours été le même. Tous les peuples que des colons ont voulu « civiliser » ont toujours fini dans les larmes et le sang, déshumanisés et déchus. Une histoire tragique ne laissant de place qu’à des histoires et des destins tout aussi tragiques, où la misère et la violence se sont installées et dont les femmes sont comme souvent les premières victimes. C’est aussi cette histoire là, que soeurs volées dévoile. la tragédie de l’engrenage, de la déshumanisation, de l’oubli puis de l’indifférence.

« Un féminicide à bas bruit » prenant sa source dans la réalité coloniale. « Quand des femmes meurent par centaines pour l’unique raison qu’elles sont des femmes et que la violence qui s’exerce contre elles n’est pas seulement le fait de leurs assassins mais aussi d’un système ; lorsque cette violence relève aussi de la négligence gouvernementale, on appelle ça un féminicide »

La lueur d’espoir et il faut la soutenir comme un début de feu fragile nécessitant énergies et souffles constants, c’est la voix des peuples autochtones qui résonne de plus en plus. A l’image de ce livre, les énergies s’unissent, des associations, des mouvements émergent de par le monde. Les voix autochtones s’élèvent. De l’indignation est née une volonté de rendre justice aux peuples autochtones, de se réapproprier leur dignité et leur identité, et de faire valoir leurs droits, tout simplement.

Sur le site officiel du livre vous trouverez la liste des organisations de femmes autochtones du Canada. En France Idle No More et le CSIA sont également engagés dans la défense des peuples autochtones des Amériques.

Je termine sur l’extrait du poème bouleversant d’Helen Knott qui conclue le livre, que je vous invite à lire et à faire connaître.

« …On m’a enfin donné les étoiles,
couchée sur les routes de campagne pour les regarder,
dans les caniveaux et les ruelles,
sur les bouts fantomatiques de
sentiers pierreux et oubliés.
Ton immensité
m’avale.
Est-ce que j’entre dans ton champ de vision?
Me vois-tu maintenant, Stephen Harper?
Parce que j’ai l’impression
que tes yeux
font une courbe
autour de moi. » 

Ecrits de prison – Léonard Peltier

Des prisonniers politiques célèbres nous en connaissons tous, beaucoup sont devenus des icônes, à l’image de Nelson Mandela. Léonard Peltier fait parti de ces hommes, à ceci près qu’il est toujours emprisonné.

En effet, aujourd’hui je viens vous parler d’un homme emprisonné depuis plus de 40 ans et de son livre publié il y a plus de 17 ans. D’un homme, nominé à plusieurs reprises pour le prix Nobel de la paix, d’un homme dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est le Mandela Amérindien, d’un homme défendu par les plus grandes associations des droits de l’homme, par de nombreuses personnalités depuis plusieurs décennies, d’un homme qui voulait simplement défendre les siens… Et pourtant le connaissez-vous ? A l’image de ses frères et soeurs contemporain(e)s, Léonard Peltier ne bénéficie que de très peu de couverture médiatique. Tout le monde aime les « indiens ». Tout le monde s’inspire, pour ne pas dire pille, leur culture. On connait d’eux l’image historique, folklorique, mais qui connaît et s’intéresse à leur contexte actuel, aux combats qu’ils doivent mener encore aujourd’hui pour faire valoir leurs droits et leur identité ? C’est dans cette même indifférence ou au mieux méconnaissance, que Léonard Peltier clame son innocence depuis plus de 40 ans…

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C’est son histoire et celle de son combat qu’il nous raconte dans ce livre. Celle de son arrestation sans preuve, de sa condamnation abusive pour « donner l’exemple », basée sur une succession d’aberrations, dont la liste et la mise en lumière ont d’ailleurs continué bien après la publication de ce livre. En 40 ans, les preuves se sont accumulées, ne permettant plus de douter de son innocence. Lors de sa dernière demande de grâce présidentielle en fin de mandat Obama, c’est un ancien procureur en charge de cette affaire qui a lui même écrit au Président pour soutenir la demande de libération de Léonard, soutenu également par plus de 50 membres du congrès. Puisque tous les recours légaux ont été épuisés et que sa libération ne peut être obtenue, précisément parce qu’il clame son innocence et réfute les accusations qui portent sur lui, il ne lui reste plus que la grâce présidentielle pour espérer sortir un jour de prison. Mais malgré cette mobilisation, des soutiens du monde entier, de nombreuses associations, de grandes personnalités, Obama a refusé sa grâce…

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L’année dernière il recevait le prix Frantz Fanon 

Une nouvelle qui est tombée doublement comme un couperet, puisque suivie par l’élection du nouveau président fort peu enclin à s’intéresser à son cas, ainsi qu’au sort des Natifs Américains. Néanmoins la mobilisation continue. Il faut continuer de faire entendre sa voix, de le soutenir et de se battre pour sa libération.

Voici le communiqué qui a suivi l’annonce du rejet de grâce :

Par Lisa Zahner Reingold
Pour Oglala Commemoration, sur Facebook
18 janvier 2017
Publié sur Censored News
Traduction Christine Prat

Frères, sœurs, amis et soutiens :
Nos cœurs sont lourds aujourd’hui. Le Président Obama a rejeté la demande de Leonard de commuer sa peine. Son nom est inscrit sur la liste du 18 janvier des demandes rejetées par Obama, publiée par le Bureau des Grâces. L’avocat de Leonard, Martin Garbus, a également été informé. 
Aujourd’hui, Leonard a dit dans un email, « Si je n’obtiens pas la grâce, après que nous ayons été enfermés pour la journée, je pleurerai un bon coup, puis je me reprendrai en main et me préparerai pour une autre série de batailles, jusqu’à je ne puisse plus combattre. Donc, ne vous inquiétez pas. Je peux faire face à n’importe quoi, après plus de 40 ans. »
C’est tout de même un coup très dur à supporter. Et ne vous trompez pas, Leonard a reçu les coups les plus durs de tous. Mais ne nous désolons pas trop longtemps. Plutôt, avançons. Canalisez votre chagrin et votre colère de façon positive. Souvenez-vous que Leonard a toujours besoin de votre aide. Il a besoin des soins médicaux de qualité, entre autres. Nous continuerons à travailler à la libération de Leonard, mais ces autres actions pourraient aider à rendre sa vie plus supportable jusqu’à ce que sa liberté soit obtenue.
Maintenant, je vous presse d’écrire à Leonard et d’aider à maintenir son moral. Dites lui que vous n’abandonnerez pas, que vous l’accompagnerez jusqu’au bout du chemin.

Envoyez des cartes et des lettres à:
Leonard Peltier #89637-132
USP Coleman I
PO Box 1033
Coleman, FL 33521

Merci pour vos efforts et votre détermination. Notre bénédiction à vous tous.
Continuez à suivre.
Solidarité

Je ne peux que vous inciter à lire son livre si vous arrivez à vous le procurer, vous pouvez également en France rejoindre l’association CSIA qui lutte pour sa libération, ainsi que pour les droits de tous les peuples autochtones des Amériques. Je suis engagée très modestement à leur côté et l’association fait un travail incroyable. Si le site n’est pas régulièrement actualisé, la page Facebook l’est un peu plus, mais l’association est surtout présente très concrètement et régulièrement sur le terrain. Si vous souhaitez en savoir  plus, n’hésitez pas à me contacter.

Le combat continue pour Léonard et tous les Natifs Américains.