TAG : Vis ma vie de maman

La youtubeuse Planète maman a crée un petit questionnaire qui circule sur les blogs parentaux. J’ai été invité à y répondre par Marie, la blogueuse d’Une araignée au plafond (un très chouette blog que j’aime beaucoup et que je vous invite à découvrir). 12 questions pour aborder notre rapport à la maternité.

1 – Présente toi en quelques mots, combien as-tu d’enfants ? Quel âge ont-ils ?

Marie, 35 ans, maman d’un petit garçon qui aura 3 ans cet automne. Graphiste de profession, passionnée par tellement de choses qu’il serait difficile de tout résumer en quelques mots. C’est un peu pour ça que j’ai eu envie de créer ce blog je pense, pour partager tant mon quotidien de femme et de maman, que nos coups de coeur, nos passions etc.

2 – Avant de connaître officiellement le sexe de ton enfant, le connaissais-tu déjà au plus profond de toi ?

Alors oui, j’ai pensé très tôt que c’était un garçon. Mais j’ai ressenti une connexion très forte avec lui dès mes premiers jours de grossesse, mais c’est un sentiment assez inexplicable en fait. Je suis passionnée par les cultures tribales et les croyances animistes trouvent un écho en moi. Le fait que tous les êtres vivants puissent être reliés entre eux et ressentir une connexion, ne me paraît pas du tout improbable.

Et puis l’année dernière j’ai fait une fausse couche, que je n’ai appris qu’à l’échographie des trois mois. Je n’ai pas du tout pressenti que ma grossesse s’était arrêtée avant, mais j’ai été atrocement mal tout ce premier trimestre. Je ne ressentais justement pas cette connexion que j’avais ressenti avec mon fils, je n’arrivais pas du tout à me relier à cet enfant que je pensais présent. Je me sentais triste, j’étais irritable, fatiguée… Je mettais ça sur le dos des hormones en me disant que toutes les grossesses ne se ressemblaient pas forcement et que ça passerait. Et finalement lorsque j’ai appris que la grossesse s’était arrêtée, c’est comme si tout s’expliquait, comme si mon corps avait somatisé tout ce que ma tête n’était peut être pas prête à accepter. D’ailleurs j’ai perdu du sang le matin du rdz pour l’échographie, la fausse couche s’était pourtant produite depuis plusieurs semaines. Là encore comme si mon corps avait voulu me prévenir cette fois, qu’il c’était passé quelque chose et qu’il allait falloir l’accepter. Les médecins ont d’ailleurs été étonnés qu’il n’y ait pas eu de signe clinique plus tôt. On m’a prescrit un médicament pour déclencher des contractions, à prendre le surlendemain. Mais ça n’a pas été nécessaire puisque le lendemain de l’annonce, mon corps a finalement fait ce qu’il devait. Là encore comme s’il attendait que je le sache, d’avoir l’aval de ma tête, qu’on soit prêt à le vivre. Si tant est qu’on puisse l’être.

Ces deux expériences me font donc penser que oui il y a peut être des choses qui nous échappent, des manières de communiquer ou de ressentir, qu’on ne s’explique et ne maîtrise peut être pas.

Pour autant je ne sais pas si j’appellerai ça de l’instinct maternel, car ça pourrait sous entendre qu’il faille absolument porter un enfant pour ressentir un instinct de protection envers lui et ça je ne le crois pas. Je pense que l’amour est le lien le plus fort qui puisse unir une mère à son enfant et ce, qu’elle soit sa mère biologique ou non, qu’elle ait ressenti un lien dès sa grossesse ou plusieurs semaines après son accouchement, peu importe. Devenir mère est un chamboulement incroyable tant physiquement que psychologiquement et je pense qu’il y a autant de façon de le vivre et de le ressentir, que de mères dans le monde. Ce qui m’a particulièrement perturbé et auquel je ne m’attendais pas du tout lorsque mon fils est né, c’est l’intrusion du monde extérieur. Absolument tout le monde a un avis, une critique, une comparaison, un conseil etc. sur LA bonne façon de faire ou de réagir. On compare les mamans, les grossesses, les bébés, les ressentis, l’allaitement ou non, la façon de dormir, le mode de garde, l’éducation etc. etc. J’ai personnellement très mal vécu cette intrusion. Je trouve qu’on en demande beaucoup aux mamans tout en les enfermant dans beaucoup d’attentes et de stéréotypes. Chaque femme est différente et je trouve que le seul conseil qu’on devrait donner à toutes jeunes mamans c’est : vis ta maternité comme TU le ressens et ne te préoccupes de rien d’autre.

3 – Maman au foyer ou maman au travail ?

Les deux ! Je suis graphiste, je travaille de chez moi à temps partiel depuis la naissance de mon fils, que je garde avec moi. Et comment dire…. c’est sportif, très sportif. C’est un rythme de vie complet et c’est le moins qu’on puisse dire, mais c’était le meilleur équilibre pour moi. Je crois que j’aurai mal vécu de ne pas être à ses côtés au quotidien. Non pas que je pense que l’éducation idéale (LA fameuse, évoquée ci dessus) soit d’élever ses enfants soit même, mais simplement que ça correspond à ma personnalité et aussi à une opportunité qui s’est présentée à ce moment là. Car j’ai néanmoins besoin de travailler, la création fait entièrement partie de ma personnalité et reste indispensable à mon équilibre. Cela dit, outre la fatigue physique, l’organisation à mettre en place, l’équilibre à trouver etc. Le plus dur je crois, reste la fatigue morale.

Etre mère au foyer (je déteste d’ailleurs cette expression) reste assez peu considéré par la société. Si on ne se pose jamais la question de la rémunération des personnes dont garder un enfant est le métier, le travail, celui ci ne semble plus être considéré comme tel lorsque c’est la mère qui a la charge de cette même responsabilité. Etre maman c’est mon activité principale et je le suis non stop, et j’ai en plus un deuxième travail auquel je dois consacrer du temps. Mais puisque « maman » n’est pas considéré comme un job, et qu’en plus graphiste est considéré comme un job « sympa », je me suis souvent sentie  incomprise et surtout bien peu valorisée par ma position finalement.

Je me suis ré-ré-ré-réorganisée des dizaines de fois, j’ai cru abandonner (mon travail hein, pas ma famille) au moins aussi souvent, mais au final j’ai tenu le cap. Mon fils est heureux et moi je n’ai pas fini sous antidépresseur, alors je crois que c’est pas trop mal. Plus sérieusement, malgré la fatigue et les moments durs, je ne changerai rien, car je pense que l’équilibre idéal n’est pas si facile à trouver et que ma situation se rapproche au mieux de mon idéal.

4 – As-tu un objet ou quelque chose de symbolique faisant référence à tes enfants qui ne te quitte jamais ? 

Euh non, aucun. Mais en même temps, je suis avec mon fils la plupart du temps.

5 – As-tu déjà vécu une situation où ton instinct de maman a pris le dessus ?

Comme je l’évoquais ci dessus, je ne sais pas vraiment ce qu’on entend par instinct maternel en fait. Je suis de manière générale et depuis toujours, quelqu’un qui réagit beaucoup plus à l’affect, au ressenti, que de façon analytique et raisonnée. Du coup on peut déjà associer ce trait de caractère à une forme d’écoute de son instinct j’imagine. Est ce que je ressens un lien fort et unique avec mon fils, oui incontestablement mais continuellement, pas dans des moments précis. Du coup dans la vie en général, je rejoins totalement ce que disais Marie, je crois beaucoup à l’expérience. Au fait qu’une maman, ou un papa d’ailleurs, connaisse forcement mieux son enfant que quiconque. Parce qu’il le voit évoluer, connaît sa personnalité, sa façon de réagir etc. En plus, j’ai personnellement pondu un mini clone de moi, même tempérament, même façon de réagir à beaucoup de choses. A ceci près que je ne traverse pas mon appartement en courant et en hurlant « nooooooooon » lorsque je suis contrariée, pour finir par me jeter au sol dans une mise en scène digne de Broadway. Quoi que parfois, c’est pas l’envie qui m’en manque et quand j’étais petite je le faisais aussi paraît-il. Bref, chez nous la pomme est vraiment tombée au ras de l’arbre et du coup ce n’est pas tant mon instinct, mais bien l’expérience qui fait que je sais m’adapter à lui et anticiper ses réactions.

6 – Fais-tu partie de ces mamans qui ont gardé leur test de grossesse ?

Non pas du tout. Pour ma première grossesse, je sentais que j’étais enceinte avant de faire le test, alors finalement le test en lui même n’a pas été tellement chargé en émotion. C’est plus la suite, l’analyse de sang, les démarches qu’il faut faire très vite en région parisienne, qui m’ont mit directement le pied à l’étrier et fait réaliser que j’étais bien enceinte et faire venir l’émotion qui va avec. Puis, lorsque je suis tombée enceinte la deuxième fois le test était négatif et ce sont plus tard des analyses de sang qui ont indiqué une grossesse, qui s’est donc finalement arrêtée au bout de quelques semaines… Du coup je ne met pas tellement d’affect dans ce cap là en lui même.

7 – As-tu du mal à te séparer des affaires de tes enfants ?

La question ne se pose pas encore, car nous n’avons qu’un enfant et en souhaitons un deuxième, du coup pour l’instant nous gardons tout. Mais je ne pense pas que j’aurai du mal à me séparer du matériel non, je ne porte pas tellement d’affect aux objets à part aux livres que j’affectionne particulièrement. J’aime beaucoup les vieux objets ou meubles, avec une histoire, mais nous n’en possedons pas. Nous n’avons pas d’affaires héritées, de choses qui se transmettraient de génération en génération. Et mon fils n’a, en tous cas pour l’instant, pas d’affection particulière pour ses jouets non plus. Pas de Doudou ou de jouet fétiche dont il ne voudrait pas se séparer, à part là aussi peut être ses livres fétiches que nous lisons encore et encore… et encore.

8 – Un achat qui te trotte dans la tête depuis quelques temps mais que tu n’as pas encore fait ?

Houla, beaucoup sûrement. J’aimerai beaucoup repeindre et accessoiriser mon bureau pour en faire une pièce plus zen et cocooning. Je rêêêêêêve d’une tablette graphique dernière génération et je ne serai pas contre un voyage à San Fransisco, Montréal ou Hawaï non plus. Plus sérieusement ou plus réalisable en tous cas, mon prochain achat sera sûrement un petit bracelet Treez qui m’a tapé dans l’oeil.

9 – On dit souvent que pour un premier enfant, on a du mal à acheter d’occasion. As-tu réagi différemment pour ton deuxième enfant ?

Je n’ai aucun soucis avec l’occasion bien au contraire, j’ai récupéré beaucoup de vêtements de mon neveu pour mon fils ou acheté d’occasion. Lorsque je cherche un jouet, un livre ou autre, je regarde toujours si je peux le trouver d’occasion d’abord. Par soucis écologique avant tout, car j’essaye au possible de réduire notre impact, et puis aussi par ce que j’aime ça. Petite déjà, je chinais beaucoup avec ma mère. Je me revois en  joie dans les allées d’Emmaüs, à la recherche de ma prochaine trouvaille. On rentrait toujours au minimum avec des nouveaux livres et un meuble à retaper et j’adorais ça. Maintenant je vis en région parisienne, en appartement et sans voiture, je suis donc limitée dans mes possibilités de recup’. Difficile de traverser l’Ile de France en transport pour aller chercher un vieux meuble et le retaper au milieu du salon. Bon d’un côté c’est pas plus mal, ça m’évite d’être tentée de trop chiner et de m’encombrer de trucs pas forcement utiles.

10 – Un fait marquant depuis la naissance de tes enfants à nous raconter ? Qu’il soit heureux ou un peu moins …

Je n’ai pas d’événement particulièrement marquant à raconter, mon fils est plutôt du genre très prudent, du coup je n’ai pas d’anecdote de chute mémorable ou de grosse frayeur que j’aurai pu avoir. Et ça me va très bien comme ça ! Mais la découverte du monde fascinant de l’enfance est certainement ce qui nous a le plus surpris, parfois décontenancés et surtout très souvent fait rire. Les enfants sont des êtres magiques, à moitié bisounours et dictateurs pas commode, le tout à tendance bipolaire. Bon tout ça s’explique par l’immaturité de leur cerveau bien sûr, mais au quotidien ça donne des situations souvent cocasses, qui nous surprennent toujours. Il y a 5min mon homme vient me voir pour me dire qu’il aime bien une nouvelle chanson qui passe à la radio, j’écoute, je la trouve pas terrible, alors pour rigoler je lance une chanson de Vianney. Pour contextualiser, mon fils nous a fait écouter Vianney en boucle pendant un moment, au point de faire craquer psychologiquement mon cher et tendre. Mon homme pour rigoler, fait mine de s’arracher les cheveux et dit à mon fils « Va falloir choisir ton camp maintenant, ma chanson ou Vianney » et là mon fils se jette par terre et se met à hurler « Non plus Vianni (de son petit nom) plus Vianni maman, plus Vianniiiiiiiiiiiiiiiiiii ». Voilà, voilà… Tout dans la mesure. Fascinant. Du coup on rigole beaucoup quand même. Ne pas rire face à ses « bêtises » ou lorsqu’il nous surprend à nous répondre des trucs improbables est un vrai chalenge pour nous. Mais c’est génial, le voir grandir, évoluer, s’affirmer, dessiner sa personnalité, c’est top.

11 – As-tu déjà craqué nerveusement depuis que tu es maman ?

Bien sûr ! Etre parent c’est un job complexe et parfois carrément difficile. Comme je le disais nous avons un petit garçon génial, vraiment et objectivement on ne peut pas se plaindre qu’il nous fasse la vie dure, on rigole plus qu’on ne dispute. Quoi que l’arrivée du terrible two a été et est encore parfois gratiné quand même, et nous a valu quelques bras de fer avec lui et une bonne dose de patieeeeeence. Mais là où nous nous sommes vraiment épuisés, c’est sur son sommeil qui a toujours été plus ou moins compliqué. En presque trois ans, je pense que la proportion nuits entrecoupées, nuits complètes doit être de l’ordre du 70-30%. Il n’a aussi commencé à faire des vraies siestes qu’à deux ans et demi. Avant cela il ne dormait que parfois une demi heure à 45min dans la journée ou alors plus longtemps uniquement dans nos bras. Cela nous a donc beaucoup fatigué, physiquement et moralement. J’ai souvenir de nuits passées à essayer de le rendormir pendant des heures où dès que nous le reposions dans son lit, il se réveillait. Mais nous avons très tôt fait le choix de ne pas nous épuiser ensemble son père et moi. On faisait des tours de garde, c’était la règle et c’est ce qui nous a permis de tenir. Prendre le relai lorsque l’autre ne tenait plus physiquement ou psychologiquement. C’est vraiment ce qui a été le plus dur pour nous nerveusement. La fatigue c’est l’ennemi number one des parents, suivi pas loin par le manque de temps pour soi. Quand t’es frais et dispo et bien dans tes pompes (donc que t’as du temps pour toi) t’encaisses tout beaucoup plus facilement, mais quand tes jauges de sommeil et d’épanouissement perso commencent à baisser et elles vont souvent ensemble, c’est là que ça devient dur. Nous on s’est beaucoup soutenu, écouté, relayé et clairement on a survécu en équipe.

12 – Voulais-tu plusieurs enfants avant d’en avoir ? Ton avis a-t-il changé depuis ?

Oui j’ai toujours voulu des enfants, depuis assez jeune je crois. Je me souviens que je disais que je voulais faire le tour du monde et avoir un enfant de chaque couleur, mais pas de mari. Ca me fait encore marrer d’y repenser. Ma mère a le teint très clair et je suis matte de peau et je l’étais encore plus enfant. Je me souviens qu’un jour alors que nous faisions des courses, une dame nous a interpellé ma mère et moi pour lui demander dans quel pays elle avait adopté sa jolie petite fille… Les gens sont cons parfois. Ca me faisait vachement de peine à l’époque qu’on ne me dise jamais que je ressemble à ma mère, accentué encore plus par le fait que ma soeur elle, soit sa copie conforme et que je ne ressemble ni à l’une ni à l’autre. Du coup je voulais des enfants de toutes les couleurs pour montrer que l’amour ne se limite pas à une ressemblance physique. Ouais j’étais déjà vachement philosophe… Bon pour le côté pas de mari, c’est juste que je suis une enfant de divorcés et que le mariage me semblait donc le truc le plus fourbe du monde à cette époque.

Mais puisque je me suis fait piquer mes plans de vie par Angélina Jolie, j’ai finalement pris un autre chemin. Je ne suis pas devenue bioman jaune, je n’ai pas de poney et je suis en couple depuis plus de 10 ans avec le même homme que j’ai même épousé, c’est dire ! Mais l’amour c’est plutôt cool en fait, on s’aime, on se marre bien et on a en plus conçu le plus merveilleux des petits garçons. Souhaitons nous en encore un ou pourquoi pas deux et on sera des parents comblés, même si on l’est déjà en fait. Mais c’est vrai que tant pour notre fils que pour nous, on a bien envie d’agrandir encore un peu la tribu. 🙂

 

Je propose maintenant à Céline du blog Un brin de cel, à Flo du blog A l’ouest rien de nouveau, à Marie du blog MamanYoupie et à Mam’Weena de reprendre le flambeau et de nous parler à leur tour de leur rapport à la maternité à travers ces questions.

 

 

5 réflexions sur “TAG : Vis ma vie de maman

  1. Merci d’avoir joué le jeu ! J’ai adoré te lire, j’ai bien souri a des moments et j’ai été très émue en découvrant des passages de ta vie. J’aime la manière dont tu t’exprimes et ce que tu dis, je ne te connais pas personnellement mais je suis sûre que tu es une belle personne car juste te lire m’a apporté de la sérénité ! Je me rends compte que nous avons beaucoup de points commun et je me reconnais beaucoup dans ta façon de voir les choses. Merci pour ce partage et au plaisir de continuer à te lire.

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