Une vie avec Alexandra David-Néel – Fred Campoy et Mathieu Blanchot

Connaissez vous Alexandra David-Néel ? Moi non, je ne connaissais pas du tout cette grande dame et en découvrant sa vie et ses exploits, je me demande encore comment j’ai pu passer à côté. La place qu’on donne aux femmes dans l’histoire n’est décidément pas à la hauteur de toutes ces héroïnes oubliées.

Alexandra David-Néel était une exploratrice orientaliste, féministe, anarchiste, théosophe, cantatrice, écrivaine et journaliste… Rien que ça. Elle a parcouru l’orient au début de XXe siècle, à une époque où les occidentaux n’étaient pas les bienvenus, et les femmes encore moins. Elle fût la première femme occidentale, et le premier explorateur tout court, à pénétrer dans Lhassa, après une marche de plus de 2000km. Ce qui lui valu à l’époque une renommée internationale. De ses exploits elle a écrit 27 livres.

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C’est donc à travers une très belle BD en deux tomes, que Fred Campoy et Mathieu Blanchot nous racontent la vie de cette grande dame. Le récit démarre en 1959 alors qu’Alexandra David-Néel recherche une jeune assistante. De là nous suivrons son quotidien aux côté de Marie-Madeleine Peyronnet, entrecoupé de flashs back relatant ses exploits passés.

Si j’ai d’abord été un peu surprise et déroutée par ce choix de narration, regrettant qu’on ne se focalise pas plus sur ses exploits passés, j’ai finalement été totalement séduite et j’ai dévoré les livres. L’histoire de cette vieille dame et de sa jeune assistante est très touchante, et elles méritent autant l’une que l’autre d’être mises en lumière. Les grands exploits n’ont finalement d’intérêt que si on peut les partager et les transmettre, c’est ce que cette histoire d’amitié hors norme nous rappelle également. Une très belle BD, historiquement passionnante et humainement très touchante qui ne donne envie que d’en découvrir encore plus, je vous la recommande chaudement.

 

 

 

 

 

 

Albums coup de coeur

Je n’ai pas toujours le temps d’écrire sur tous les livres qui passent entre nos mains, surtout que nous en consommons beaucoup, j’ai donc voulu vous faire un petit top de nos albums chouchous. Ceux pour lesquels nous avons eu un vrai coup de coeur et que nous continuons de lire en boucle.

Petite beauté d’Anthony Browne

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Nous avons eu un véritable et gros coup de coeur pour ce livre et plus largement pour cet auteur. Cet album est inspiré de l’histoire vraie du gorille Koko, capable de communiquer en langue des signes, qu’Anthony Browne a transformé en sublime histoire d’amitié. Un hymne au respect de la différence, à l’amitié et à la solidarité. Un album drôle et extrêmement touchant à la fois, d’une grande tendresse. On en sort tout chamallow et rempli d’amour. Les illustrations sont absolument magnifiques, les textes très courts parfait pour les petits. Mon fils l’adore et le connaît entièrement par coeur. Du même auteur, nous avons également adoré Un Gorille à compter. Pas d’histoire dans ce dernier, juste des illustrations là encore absolument sublimes, pour apprendre à compter. Un gorille, deux orangs-outangs etc. jusqu’à 10.

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Petit bateau de Stephen Savage

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Ce livre là est peut être destiné aux plus petits, mon fils aime toujours le relire de temps à autre, mais on l’a surtout beaucoup lu autour de ses 1 an et demi environ. On a adoré ses illustrations vintage, son histoire autour de la solidarité, sa douceur. Du même auteur on a également beaucoup lu et apprécié Quel camion. Un album dans lequel on suit cette fois des camions, dont le plus modeste d’apparence là encore, va devenir le super héros de tous. Deux jolies histoires.

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Trompette petit Dinosaure au grand coeur de David Bedford et Mandy Stanley 

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Ici aussi on parle d’une jolie histoire d’amitié et de solidarité, sur fond de doudous à partager. Une histoire toute simple sans prétention, de jolies illustrations, des textes courts toujours. Mon fils a tout de suite accroché et s’est pris de sympathie pour ces deux petits  héros.

 

Platipuce de Chris Riddell 

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Alors ces deux livres c’est simple, on a du les lire environ un million de fois, au bas mot. Là encore des illustrations vintage beaucoup trop mignonnes, un petit héros Ornithorynque qui change un peu et qui a permis à mon fils de se passionner pour l’Australie. Des petites histoires rigolotes pour lesquelles mon petit s’est pris de passion. Il connaît les textes par coeur et ne s’en lasse pas.

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Petit Indien de Quentin Greban 

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Comme je suis passionnée de cultures amérindiennes, on nous a offert plusieurs albums jeunesse sur le sujet, et j’en ai lu plusieurs également sur lesquels je suis tombée à la bibliothèque. Mais malheureusement, je suis la plupart du temps pour ne pas dire à chaque fois, très déçue voir contrariée par ces albums. Ils véhiculent souvent les mêmes clichés, les mêmes inexactitudes historiques et ça m’énerve un peu. Je les trouve fainéants, peu recherchés et du coup bien peu pertinents. Le seul qui a donc trouvé un peu de grâce à mes yeux c’est cet album. Le sujet ne sauve pas le livre, on reste dans le cliché du petit indien masculin qui part dans une quête pour prouver sa bravoure… Mouai. Ce qui le fait néanmoins sortir du lot, ce sont tout d’abord ses illustrations qui sont pour le coup vraiment très belles, et son humour. Une histoire de prout qui fait fuir les bisons qui a de suite bien fait rire et séduit mon fils, le tout sans être lourdingue je vous rassure. Alors si je devais au moins sauver un livre sur le sujet, ce serait celui là. Et sans le connaître par coeur et le réclamer aussi souvent que ceux cités précédemment, il fait quand même partie des livres que mon fils prend toujours plaisir à relire.

 

La fée Fifolette d’Alexandra Garibal et Christiane Hansen 

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La meilleure pour la fin, la fée Fifoleeeeeeette ! Elle est cassée cette baguette, crotte de biquette ! On a découvert cette petite fée rigolotte dans le magazine Tralalire que mon fils adore, et ce fût le coup de foudre. Les aventures de cette petite fée, de son mouton de compagnie et de sa baguette magique cassée qui n’en fait qu’à sa tête, passionnent mon fils.  Il les connaît par coeur, replace régulièrement les dialogues dans la journée, bref cette petite fée est un condensé de bonne humeur. En plus grâce à elle vous vous surprendrez à remplacer vos accidentels « *u*in de *erde » par des formules beaucoup plus stylées comme saperlipataprout  !

Bonne lecture et n’hésitez pas à partager vos propres coup de coeur en commentaire, on est toujours en recherche de nouvelles trouvailles. 🙂

TAG : Vis ma vie de maman

La youtubeuse Planète maman a crée un petit questionnaire qui circule sur les blogs parentaux. J’ai été invité à y répondre par Marie, la blogueuse d’Une araignée au plafond (un très chouette blog que j’aime beaucoup et que je vous invite à découvrir). 12 questions pour aborder notre rapport à la maternité.

1 – Présente toi en quelques mots, combien as-tu d’enfants ? Quel âge ont-ils ?

Marie, 35 ans, maman d’un petit garçon qui aura 3 ans cet automne. Graphiste de profession, passionnée par tellement de choses qu’il serait difficile de tout résumer en quelques mots. C’est un peu pour ça que j’ai eu envie de créer ce blog je pense, pour partager tant mon quotidien de femme et de maman, que nos coups de coeur, nos passions etc.

2 – Avant de connaître officiellement le sexe de ton enfant, le connaissais-tu déjà au plus profond de toi ?

Alors oui, j’ai pensé très tôt que c’était un garçon. Mais j’ai ressenti une connexion très forte avec lui dès mes premiers jours de grossesse, mais c’est un sentiment assez inexplicable en fait. Je suis passionnée par les cultures tribales et les croyances animistes trouvent un écho en moi. Le fait que tous les êtres vivants puissent être reliés entre eux et ressentir une connexion, ne me paraît pas du tout improbable.

Et puis l’année dernière j’ai fait une fausse couche, que je n’ai appris qu’à l’échographie des trois mois. Je n’ai pas du tout pressenti que ma grossesse s’était arrêtée avant, mais j’ai été atrocement mal tout ce premier trimestre. Je ne ressentais justement pas cette connexion que j’avais ressenti avec mon fils, je n’arrivais pas du tout à me relier à cet enfant que je pensais présent. Je me sentais triste, j’étais irritable, fatiguée… Je mettais ça sur le dos des hormones en me disant que toutes les grossesses ne se ressemblaient pas forcement et que ça passerait. Et finalement lorsque j’ai appris que la grossesse s’était arrêtée, c’est comme si tout s’expliquait, comme si mon corps avait somatisé tout ce que ma tête n’était peut être pas prête à accepter. D’ailleurs j’ai perdu du sang le matin du rdz pour l’échographie, la fausse couche s’était pourtant produite depuis plusieurs semaines. Là encore comme si mon corps avait voulu me prévenir cette fois, qu’il c’était passé quelque chose et qu’il allait falloir l’accepter. Les médecins ont d’ailleurs été étonnés qu’il n’y ait pas eu de signe clinique plus tôt. On m’a prescrit un médicament pour déclencher des contractions, à prendre le surlendemain. Mais ça n’a pas été nécessaire puisque le lendemain de l’annonce, mon corps a finalement fait ce qu’il devait. Là encore comme s’il attendait que je le sache, d’avoir l’aval de ma tête, qu’on soit prêt à le vivre. Si tant est qu’on puisse l’être.

Ces deux expériences me font donc penser que oui il y a peut être des choses qui nous échappent, des manières de communiquer ou de ressentir, qu’on ne s’explique et ne maîtrise peut être pas.

Pour autant je ne sais pas si j’appellerai ça de l’instinct maternel, car ça pourrait sous entendre qu’il faille absolument porter un enfant pour ressentir un instinct de protection envers lui et ça je ne le crois pas. Je pense que l’amour est le lien le plus fort qui puisse unir une mère à son enfant et ce, qu’elle soit sa mère biologique ou non, qu’elle ait ressenti un lien dès sa grossesse ou plusieurs semaines après son accouchement, peu importe. Devenir mère est un chamboulement incroyable tant physiquement que psychologiquement et je pense qu’il y a autant de façon de le vivre et de le ressentir, que de mères dans le monde. Ce qui m’a particulièrement perturbé et auquel je ne m’attendais pas du tout lorsque mon fils est né, c’est l’intrusion du monde extérieur. Absolument tout le monde a un avis, une critique, une comparaison, un conseil etc. sur LA bonne façon de faire ou de réagir. On compare les mamans, les grossesses, les bébés, les ressentis, l’allaitement ou non, la façon de dormir, le mode de garde, l’éducation etc. etc. J’ai personnellement très mal vécu cette intrusion. Je trouve qu’on en demande beaucoup aux mamans tout en les enfermant dans beaucoup d’attentes et de stéréotypes. Chaque femme est différente et je trouve que le seul conseil qu’on devrait donner à toutes jeunes mamans c’est : vis ta maternité comme TU le ressens et ne te préoccupes de rien d’autre.

3 – Maman au foyer ou maman au travail ?

Les deux ! Je suis graphiste, je travaille de chez moi à temps partiel depuis la naissance de mon fils, que je garde avec moi. Et comment dire…. c’est sportif, très sportif. C’est un rythme de vie complet et c’est le moins qu’on puisse dire, mais c’était le meilleur équilibre pour moi. Je crois que j’aurai mal vécu de ne pas être à ses côtés au quotidien. Non pas que je pense que l’éducation idéale (LA fameuse, évoquée ci dessus) soit d’élever ses enfants soit même, mais simplement que ça correspond à ma personnalité et aussi à une opportunité qui s’est présentée à ce moment là. Car j’ai néanmoins besoin de travailler, la création fait entièrement partie de ma personnalité et reste indispensable à mon équilibre. Cela dit, outre la fatigue physique, l’organisation à mettre en place, l’équilibre à trouver etc. Le plus dur je crois, reste la fatigue morale.

Etre mère au foyer (je déteste d’ailleurs cette expression) reste assez peu considéré par la société. Si on ne se pose jamais la question de la rémunération des personnes dont garder un enfant est le métier, le travail, celui ci ne semble plus être considéré comme tel lorsque c’est la mère qui a la charge de cette même responsabilité. Etre maman c’est mon activité principale et je le suis non stop, et j’ai en plus un deuxième travail auquel je dois consacrer du temps. Mais puisque « maman » n’est pas considéré comme un job, et qu’en plus graphiste est considéré comme un job « sympa », je me suis souvent sentie  incomprise et surtout bien peu valorisée par ma position finalement.

Je me suis ré-ré-ré-réorganisée des dizaines de fois, j’ai cru abandonner (mon travail hein, pas ma famille) au moins aussi souvent, mais au final j’ai tenu le cap. Mon fils est heureux et moi je n’ai pas fini sous antidépresseur, alors je crois que c’est pas trop mal. Plus sérieusement, malgré la fatigue et les moments durs, je ne changerai rien, car je pense que l’équilibre idéal n’est pas si facile à trouver et que ma situation se rapproche au mieux de mon idéal.

4 – As-tu un objet ou quelque chose de symbolique faisant référence à tes enfants qui ne te quitte jamais ? 

Euh non, aucun. Mais en même temps, je suis avec mon fils la plupart du temps.

5 – As-tu déjà vécu une situation où ton instinct de maman a pris le dessus ?

Comme je l’évoquais ci dessus, je ne sais pas vraiment ce qu’on entend par instinct maternel en fait. Je suis de manière générale et depuis toujours, quelqu’un qui réagit beaucoup plus à l’affect, au ressenti, que de façon analytique et raisonnée. Du coup on peut déjà associer ce trait de caractère à une forme d’écoute de son instinct j’imagine. Est ce que je ressens un lien fort et unique avec mon fils, oui incontestablement mais continuellement, pas dans des moments précis. Du coup dans la vie en général, je rejoins totalement ce que disais Marie, je crois beaucoup à l’expérience. Au fait qu’une maman, ou un papa d’ailleurs, connaisse forcement mieux son enfant que quiconque. Parce qu’il le voit évoluer, connaît sa personnalité, sa façon de réagir etc. En plus, j’ai personnellement pondu un mini clone de moi, même tempérament, même façon de réagir à beaucoup de choses. A ceci près que je ne traverse pas mon appartement en courant et en hurlant « nooooooooon » lorsque je suis contrariée, pour finir par me jeter au sol dans une mise en scène digne de Broadway. Quoi que parfois, c’est pas l’envie qui m’en manque et quand j’étais petite je le faisais aussi paraît-il. Bref, chez nous la pomme est vraiment tombée au ras de l’arbre et du coup ce n’est pas tant mon instinct, mais bien l’expérience qui fait que je sais m’adapter à lui et anticiper ses réactions.

6 – Fais-tu partie de ces mamans qui ont gardé leur test de grossesse ?

Non pas du tout. Pour ma première grossesse, je sentais que j’étais enceinte avant de faire le test, alors finalement le test en lui même n’a pas été tellement chargé en émotion. C’est plus la suite, l’analyse de sang, les démarches qu’il faut faire très vite en région parisienne, qui m’ont mit directement le pied à l’étrier et fait réaliser que j’étais bien enceinte et faire venir l’émotion qui va avec. Puis, lorsque je suis tombée enceinte la deuxième fois le test était négatif et ce sont plus tard des analyses de sang qui ont indiqué une grossesse, qui s’est donc finalement arrêtée au bout de quelques semaines… Du coup je ne met pas tellement d’affect dans ce cap là en lui même.

7 – As-tu du mal à te séparer des affaires de tes enfants ?

La question ne se pose pas encore, car nous n’avons qu’un enfant et en souhaitons un deuxième, du coup pour l’instant nous gardons tout. Mais je ne pense pas que j’aurai du mal à me séparer du matériel non, je ne porte pas tellement d’affect aux objets à part aux livres que j’affectionne particulièrement. J’aime beaucoup les vieux objets ou meubles, avec une histoire, mais nous n’en possedons pas. Nous n’avons pas d’affaires héritées, de choses qui se transmettraient de génération en génération. Et mon fils n’a, en tous cas pour l’instant, pas d’affection particulière pour ses jouets non plus. Pas de Doudou ou de jouet fétiche dont il ne voudrait pas se séparer, à part là aussi peut être ses livres fétiches que nous lisons encore et encore… et encore.

8 – Un achat qui te trotte dans la tête depuis quelques temps mais que tu n’as pas encore fait ?

Houla, beaucoup sûrement. J’aimerai beaucoup repeindre et accessoiriser mon bureau pour en faire une pièce plus zen et cocooning. Je rêêêêêêve d’une tablette graphique dernière génération et je ne serai pas contre un voyage à San Fransisco, Montréal ou Hawaï non plus. Plus sérieusement ou plus réalisable en tous cas, mon prochain achat sera sûrement un petit bracelet Treez qui m’a tapé dans l’oeil.

9 – On dit souvent que pour un premier enfant, on a du mal à acheter d’occasion. As-tu réagi différemment pour ton deuxième enfant ?

Je n’ai aucun soucis avec l’occasion bien au contraire, j’ai récupéré beaucoup de vêtements de mon neveu pour mon fils ou acheté d’occasion. Lorsque je cherche un jouet, un livre ou autre, je regarde toujours si je peux le trouver d’occasion d’abord. Par soucis écologique avant tout, car j’essaye au possible de réduire notre impact, et puis aussi par ce que j’aime ça. Petite déjà, je chinais beaucoup avec ma mère. Je me revois en  joie dans les allées d’Emmaüs, à la recherche de ma prochaine trouvaille. On rentrait toujours au minimum avec des nouveaux livres et un meuble à retaper et j’adorais ça. Maintenant je vis en région parisienne, en appartement et sans voiture, je suis donc limitée dans mes possibilités de recup’. Difficile de traverser l’Ile de France en transport pour aller chercher un vieux meuble et le retaper au milieu du salon. Bon d’un côté c’est pas plus mal, ça m’évite d’être tentée de trop chiner et de m’encombrer de trucs pas forcement utiles.

10 – Un fait marquant depuis la naissance de tes enfants à nous raconter ? Qu’il soit heureux ou un peu moins …

Je n’ai pas d’événement particulièrement marquant à raconter, mon fils est plutôt du genre très prudent, du coup je n’ai pas d’anecdote de chute mémorable ou de grosse frayeur que j’aurai pu avoir. Et ça me va très bien comme ça ! Mais la découverte du monde fascinant de l’enfance est certainement ce qui nous a le plus surpris, parfois décontenancés et surtout très souvent fait rire. Les enfants sont des êtres magiques, à moitié bisounours et dictateurs pas commode, le tout à tendance bipolaire. Bon tout ça s’explique par l’immaturité de leur cerveau bien sûr, mais au quotidien ça donne des situations souvent cocasses, qui nous surprennent toujours. Il y a 5min mon homme vient me voir pour me dire qu’il aime bien une nouvelle chanson qui passe à la radio, j’écoute, je la trouve pas terrible, alors pour rigoler je lance une chanson de Vianney. Pour contextualiser, mon fils nous a fait écouter Vianney en boucle pendant un moment, au point de faire craquer psychologiquement mon cher et tendre. Mon homme pour rigoler, fait mine de s’arracher les cheveux et dit à mon fils « Va falloir choisir ton camp maintenant, ma chanson ou Vianney » et là mon fils se jette par terre et se met à hurler « Non plus Vianni (de son petit nom) plus Vianni maman, plus Vianniiiiiiiiiiiiiiiiiii ». Voilà, voilà… Tout dans la mesure. Fascinant. Du coup on rigole beaucoup quand même. Ne pas rire face à ses « bêtises » ou lorsqu’il nous surprend à nous répondre des trucs improbables est un vrai chalenge pour nous. Mais c’est génial, le voir grandir, évoluer, s’affirmer, dessiner sa personnalité, c’est top.

11 – As-tu déjà craqué nerveusement depuis que tu es maman ?

Bien sûr ! Etre parent c’est un job complexe et parfois carrément difficile. Comme je le disais nous avons un petit garçon génial, vraiment et objectivement on ne peut pas se plaindre qu’il nous fasse la vie dure, on rigole plus qu’on ne dispute. Quoi que l’arrivée du terrible two a été et est encore parfois gratiné quand même, et nous a valu quelques bras de fer avec lui et une bonne dose de patieeeeeence. Mais là où nous nous sommes vraiment épuisés, c’est sur son sommeil qui a toujours été plus ou moins compliqué. En presque trois ans, je pense que la proportion nuits entrecoupées, nuits complètes doit être de l’ordre du 70-30%. Il n’a aussi commencé à faire des vraies siestes qu’à deux ans et demi. Avant cela il ne dormait que parfois une demi heure à 45min dans la journée ou alors plus longtemps uniquement dans nos bras. Cela nous a donc beaucoup fatigué, physiquement et moralement. J’ai souvenir de nuits passées à essayer de le rendormir pendant des heures où dès que nous le reposions dans son lit, il se réveillait. Mais nous avons très tôt fait le choix de ne pas nous épuiser ensemble son père et moi. On faisait des tours de garde, c’était la règle et c’est ce qui nous a permis de tenir. Prendre le relai lorsque l’autre ne tenait plus physiquement ou psychologiquement. C’est vraiment ce qui a été le plus dur pour nous nerveusement. La fatigue c’est l’ennemi number one des parents, suivi pas loin par le manque de temps pour soi. Quand t’es frais et dispo et bien dans tes pompes (donc que t’as du temps pour toi) t’encaisses tout beaucoup plus facilement, mais quand tes jauges de sommeil et d’épanouissement perso commencent à baisser et elles vont souvent ensemble, c’est là que ça devient dur. Nous on s’est beaucoup soutenu, écouté, relayé et clairement on a survécu en équipe.

12 – Voulais-tu plusieurs enfants avant d’en avoir ? Ton avis a-t-il changé depuis ?

Oui j’ai toujours voulu des enfants, depuis assez jeune je crois. Je me souviens que je disais que je voulais faire le tour du monde et avoir un enfant de chaque couleur, mais pas de mari. Ca me fait encore marrer d’y repenser. Ma mère a le teint très clair et je suis matte de peau et je l’étais encore plus enfant. Je me souviens qu’un jour alors que nous faisions des courses, une dame nous a interpellé ma mère et moi pour lui demander dans quel pays elle avait adopté sa jolie petite fille… Les gens sont cons parfois. Ca me faisait vachement de peine à l’époque qu’on ne me dise jamais que je ressemble à ma mère, accentué encore plus par le fait que ma soeur elle, soit sa copie conforme et que je ne ressemble ni à l’une ni à l’autre. Du coup je voulais des enfants de toutes les couleurs pour montrer que l’amour ne se limite pas à une ressemblance physique. Ouais j’étais déjà vachement philosophe… Bon pour le côté pas de mari, c’est juste que je suis une enfant de divorcés et que le mariage me semblait donc le truc le plus fourbe du monde à cette époque.

Mais puisque je me suis fait piquer mes plans de vie par Angélina Jolie, j’ai finalement pris un autre chemin. Je ne suis pas devenue bioman jaune, je n’ai pas de poney et je suis en couple depuis plus de 10 ans avec le même homme que j’ai même épousé, c’est dire ! Mais l’amour c’est plutôt cool en fait, on s’aime, on se marre bien et on a en plus conçu le plus merveilleux des petits garçons. Souhaitons nous en encore un ou pourquoi pas deux et on sera des parents comblés, même si on l’est déjà en fait. Mais c’est vrai que tant pour notre fils que pour nous, on a bien envie d’agrandir encore un peu la tribu. 🙂

 

Je propose maintenant à Céline du blog Un brin de cel, à Flo du blog A l’ouest rien de nouveau, à Marie du blog MamanYoupie et à Mam’Weena de reprendre le flambeau et de nous parler à leur tour de leur rapport à la maternité à travers ces questions.

 

 

California Dreamin’ – Pénélope Bagieu

Je viens de terminer cet album et je m’empresse de vous en parler car je l’ai adoré. J’avais déjà beaucoup aimé les culottés de la même auteure, et l’histoire de Cass Elliot aurait pu y avoir totalement sa place ! Quel bonheur alors que de lire un album entier consacré à une telle héroïne.

California Dreamin’ retrace l’ascension de la chanteuse Cass Elliot des Mamas and Papas. La BD n’a pas pour vocation d’être une biographie documentaire, mais elle retranscrit pourtant parfaitement l’atmosphère de cette époque et donne merveilleusement corps à cette femme haute en couleurs. J’adore les biographies musicales, mais elles ont parfois le défaut d’être justement trop strictes et trop documentées, perdant un peu l’esprit de l’époque ou de l’artiste qu’elles relatent. Ici c’est tout l’inverse, Pénélope a romancé la vie de son héroïne, mais pour mieux lui donner vie, pour mieux nous transporter avec elle. On retrouvait déjà ce formidable pouvoir d’immersion dans les culottées, Pénélope Bagieu donne décidément vie à ses héroïnes de façon terriblement envoutante et attachante.

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Irrévérencieuse, têtue, pleine d’humour et de vie, excessive, déterminée… Nombreuses sont les facettes de Cass Elliot, mais il serait bien impossible pour autant de la limiter à l’une d’elles. On savoure cette histoire, on rit, on est touché. Cass Elliot est une tempête, une boule d’énergie, et l’esthétique du livre nous y transporte totalement. Les dessins sont sublimes et enlevés, malgré un trait qui peut sembler « lourd » au premier abord, on y découvre en fait énormément de couleurs et de finesse, à l’image de son héroïne.

Un sublime hommage que ce livre, une superbe découverte aussi. Pénélope Bagieu a définitivement un truc unique dans sa façon de raconter les histoires et on a juste envie d’en découvrir encore et encore.

 

 

 

 

 

 

 

On n’est pas des poupées – Delphine Beauvois et Claire Cantais

Je continue sur ma lancée, après l’article sur les culottées que je recommande à absolument TOUTES les femmes dès l’adolescence (et aux hommes et jeunes garçons aussi d’ailleurs) je suis tombée par hasard à la médiathèque, sur un chouette livre destiné cette fois aux petites filles, dont le titre m’a de suite interpellé : On n’est pas des poupées.

« On n’est pas des poupées » est un livre très graphique, plus d’illustrations que de texte, ce qui est parfait pour le jeune public. Les illustrations sont riches et le choix des mots percutant, mais tout en humour : « Du rose pour les filles ? Beurk c’est la couleur des saucisses! » On détourne les stéréotypes habituels avec finesse et humour en encourageant les petites filles à ne pas se sentir obligées d’être ce qu’on leur inspire le plus généralement.

Le livre se termine sur une double page de très courts portraits de féministes telles que Louise Michel ou Rosie la riveteuse, pour n’en citer que deux. Un superbe livre pour insuffler un vent de liberté aux petites filles.

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Comme je dois souvent l’expliquer lorsque j’aborde mes positions « féministes » et mon combat contre l’éducation genrée, il n’est nullement question d’interdire aux petites filles de jouer à la poupée ou d’imposer aux petits garçons de le faire. Imposer un système de représentation à la place d’un autre serait tout aussi absurde. La seule chose que je souhaite c’est qu’on laisse les enfants suivre leur propre voie sans les inciter dès l’enfance dans des parcours genrés tout tracés. Car malheureusement parce qu’aujourd’hui la culture dominante veut qu’on habille les petites filles en rose et qu’on leur raconte des histoires de princesse dès le plus jeune âge, pendant qu’on offre des camions de pompiers aux petits garçons, il est important que ce genre de livre existe pour montrer aux petites filles que d’autres voies sont possibles et qu’elles peuvent être ce qu’elles veulent et qui elles veulent. Etre une princesse glitter, une super héroïne badass ou une inventrice de génie, peu importe, tant que ce choix est réellement le leur. D’ailleurs l’idée ce serait même de leur apprendre qu’elles peuvent être tout ça en même temps si elles veulent, qu’elles n’ont à se limiter et s’enfermer dans rien.

« On n’est pas des poupées » fait d’ailleurs partie d’une chouette collection : Jamais trop tôt pour lutter contre les stéréotypes aux Editions la Ville brûle que je vous invite à découvrir.

Raye Zaragoza

Je vous parlais dernièrement du combat des protecteurs de l’eau et de leur tournée européenne pour faire entendre leurs voix et valoir leurs droits. Plusieurs artistes mettent leur talent au service de ce combat, comme le rappeur Nataanii Means, dont vous pouvez découvrir la musique facilement sur les réseaux sociaux. Mais c’est pour une jeune chanteuse folk que j’ai eu un véritable coup de coeur, Raye Zaragoza.

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Actuellement en tournée à travers l’Europe, cette jeune chanteuse folk porte de sa voix angélique, le combat de tous les water protectors. Quand l’injustice se fait entendre et retourne la brutalité qui l’accable, par la douceur et la beauté de cette voix unique.

Martin Luther King disait «Il faut opposer aux forces de la haine, le pouvoir de l’amour.» La musique de Raye y fait parfaitement écho et je vous invite chaleureusement à la découvrir.

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Stand Up With Standing Rock

Depuis toute petite je suis passionnée par les cultures amérindiennes, et cet intérêt n’a fait que grandir et s’affirmer avec le temps. Des jeux d’enfants, je suis passée à une lecture intensive de tout ce que je pouvais trouver sur le sujet, lectures historiques et culturelles d’abord, avant de découvrir plus tard leur situation contemporaine. Une passion qui s’est transformée en engagement, très modestement, auprès du CSIA.

Le CSIA, comme je vous invite à aller le découvrir plus amplement sur le site ou sur la page facebook, est une association de défense et de reconnaissance des peuples autochtones des Amériques. Engagée donc auprès de Standing Rock dont je viens vous parler aujourd’hui, et que je vais essayer de vous résumer le plus simplement possible, avant de vous inviter à suivre différents liens si vous souhaitez approfondir et pourquoi pas aider.

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Standing Rock est une réserve amérindienne sur laquelle il a été décidé de faire passer le Dakota Access Pipeline, dans le but d’acheminer plus d’un demi million de barils de pétrole par jour. Une partie importante du tracé passe sous le fleuve Missouri et l’étanchéité de ses pipelines ne pouvant jamais être garantie, c’est plus de 18 millions de personnes qui pourraient se retrouver en danger en cas de problème. La communauté de Standing Rock, les agriculteurs de la région, rejoint ensuite par des soutiens venus des quatre coins des Etats Unis et même de l’étranger, ont donc commencé à s’opposer pacifiquement à son passage, il y a déjà plus d’un an maintenant. Il s’est passé beaucoup de choses depuis que je ne peux vous résumer entièrement ici. Mais si aujourd’hui le camp a été démantelé, le combat continue toujours, principalement en essayant de faire pression auprès des banques, notamment françaises, qui financent ce projet, mais pas que. Aujourd’hui ce n’est plus qu’à Standing Rock que cela se joue, d’autres mouvements de protestation émergent à mesure que le nouveau gouvernement Américain annonce de nouveaux projets du même genre. A ce jour déjà 59 sont annoncés. Une délégation amérindienne est donc venue jusqu’en Europe (rappelons qu’en France l’exploitation du gaz de schiste est pour l’instant interdite) pour essayer de se faire entendre auprès des banques mais aussi et surtout auprès de nous, citoyens. Ils ont besoin de nous tous pour se faire entendre, chaque voix compte.

Si nous souhaitons aujourd’hui, avant tout, aider les amérindiens à faire valoir leurs droits, notons pour autant qu’il ne s’agit pas juste d’une problématique autochtone, nous sommes tous concernés par ce problème. Nous partageons tous une seule et unique terre.

Si vous souhaitez les soutenir, vous pouvez tout simplement en parler autour de vous. Vous pouvez faire des dons ou adhérer au CSIA, faire des dons sur la page de Standing Rock, contacter les banques ou vos élus pour faire remonter leurs voix.

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Vous trouverez de plus amples informations sur le site et la page Facebook du CSIA, ainsi que sur le site et la page Facebook de Standing Rock.